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Un sujet du moment :
La photobiomodulation
AFSOS 2025 – Premier référentiel européen sur la photobiomodulation dans les soins oncologiques de support
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Actualités Congrès
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26 nov. 2025
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LILLE – Cette année, le premier référentiel lié à l’utilisation de la photobiomodulation en soins oncologiques de support a été présenté dans le cadre du congrès de l’AFSOS, qui s’est tenu du 15 au 17 octobre 2025 à Lille. Une publication importante, puisqu’elle constitue le premier référentiel scientifique français, et même européen, sur le sujet. Souvent méconnue des professionnels de santé, cette approche originale dispose pourtant d’un niveau de preuve élevé dans certaines indications, qui en font un traitement de choix en soins de support. Le Dr Antoine Lemaire (médecin de la douleur, CH Valenciennes), qui a coordonné la rédaction de ce référentiel, nous en précise les indications et modalités d’utilisation.
Quel est le mécanisme d’action de la photobiomodulation ?
La photobiomodulation est un mécanisme par lequel la lumière rouge, proche infrarouge ou bleue est délivrée au niveau d’un tissu cible lésé. Cette lumière peut être émise par un laser – dans ce cas, on parle aussi de laser de basse intensité – ou également par des LED. C’est une forme de luminothérapie, à l’image de celle bien connue qui est utilisée dans le traitement de l’ictère du nouveau-né. L’énergie absorbée ne provoque pas de phénomène thermique, mais est transformée en énergie métabolique qui va moduler le métabolisme cellulaire et principalement celui de la mitochondrie. Cette dernière active la chaîne du cycle respiratoire de transport des électrons, ce qui favorise l’activation du cytochrome C, la production d’adénosine triphosphate (ATP) et de monoxyde d’azote (NO). L’ensemble permet à la cellule de se régénérer et aux tissus de cicatriser.
Quelles sont les indications qui sont aujourd’hui reconnues ?
En oncologie, la photobiomodulation a d’abord été préconisée dans la prévention et le traitement de la mucite liée à la radiothérapie et/ou aux chimiothérapies. Depuis, les données se sont étoffées : la mucite et la radiodermite sont les 2 indications qui disposent du niveau de preuve le plus élevé. Les autres indications incluent la prise en charge du lymphœdème, la dysphagie aiguë, la dysphonie, la dysgueusie, l’érythrodermie palmoplantaire, la xérostomie, le trismus, l’ostéoradionécrose, la neuropathie chimio-induite, l’alopécie chimio-induite et la fibrose post-radique. Pour celles-ci, le niveau de preuve est plus modéré, car les protocoles testés sont hétérogènes. Il faut savoir que la fenêtre thérapeutique de la photobiomodulation est de 10 à 12 joules délivrés par cm², pendant une durée d’exposition qui dépend de l’équipement utilisé et de la distance entre la zone à traiter et l’appareil. Donc, chaque appareil a ses propres modalités d’utilisation. Schématiquement, les séances durent environ 20 minutes, selon des protocoles articulés pendant 8 à 16 séances, à raison de 1 à 2 séances par semaine. Ce rythme peut être intensifié ou ralenti selon la sévérité des symptômes et leur étendue.
La plupart des établissements de prise en charge du cancer sont-ils équipés ?
On estime que, sur le territoire, environ une centaine de centres autorisés à pratiquer le traitement du cancer seraient équipés par un équipement laser et/ou LED : en effet, les 2 peuvent être utilisées selon l’indication, l’étendue ou la profondeur de la zone. À propriétés dosimétriques équivalentes, le laser est plus focalisé que les LED, dont la pénétration dans les tissus est plus diffuse. Selon l’indication et la zone à traiter, certains équipements plus ergonomiques pourront être proposés, comme des fibres optiques placées dans la bouche pour le traitement d’une mucite ou d’une xérostomie. Parallèlement, de plus en plus de médecins libéraux s’équipent, en dehors des indications dans le champ esthétique, comme pour la récupération en médecine du sport ou en gynécologique médicale pour divers symptômes. Cette technique est de plus en plus connue du grand public. Dans le champ du cancer, les associations de patients sont très mobilisées sur ce sujet. Aussi, ce sont parfois les patients eux-mêmes qui sollicitent nos équipes pour bénéficier du traitement. Il est donc important que tous les soignants impliqués dans le parcours de soins des sujets atteints de cancer connaissent cette approche. La principale limite relative à sa diffusion et à son utilisation est l’absence de remboursement des actes. Pour l’heure, le coût de la photobiomodulation est intégré à celui de la consultation. Notre référentiel vise également à servir de base pour rencontrer le ministère et lui démontrer l’intérêt clinique et économique de la photobiomodulation dans la prévention des complications ou de l’aggravation de l’état du patient, ainsi que dans la réduction des soins, hospitalisations et transports sanitaires évités. Enfin, il est important de mettre le grand public en garde contre les dispositifs à domicile (home device) que l’on trouve en vente sur internet, qui n’ont souvent pas de marquage CE et dont les paramètres dosimétriques sont insuffisants, voire qui peuvent émettre des ultraviolets en lumière bleue.